“Whole-herd lameness prevalence is the standard benchmark across UK dairy farming, but it does not account for differences in lactation profile between herds. Because lameness risk nearly triples from first to fourth lactation and beyond, a herd with a higher proportion of older cows will show elevated prevalence even if its management is sound. CattleEye Product Director Nial O’Boyle discusses how lactation-adjusted benchmarking removes this structural bias and allows fairer comparison between farms...”
Nial O’Boyle, CattleEye Product Director
Le suivi et l'analyse comparative de la prévalence de la boiterie au sein des troupeaux constituent depuis plus de 20 ans un pilier de la gestion de la mobilité au Royaume-Uni. Cette approche s'est avérée très efficace pour mobiliser l'ensemble du secteur et lui donner pour priorité la réduction de la boiterie. Des initiatives telles que le Register of Mobility Scorers (RoMS) ont fourni la structure nécessaire pour permettre à la chaîne d'approvisionnement de procéder à des analyses comparatives, tandis que des systèmes comme CattleEye ont permis d'automatiser le suivi de la mobilité.
Rendre le « Manifeste sur la boiterie des vaches laitières au Royaume-Uni » plus pertinent
Malgré cela et malgré les recherches et innovations de pointe menées par les universités britanniques, l’Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB) et de nombreux autres acteurs affirment que la prévalence nationale (et internationale) au sein des troupeaux n’a pas progressé comme nous l’aurions tous souhaité. Le « Manifeste sur la boiterie des vaches laitières en Grande-Bretagne » vise à donner un nouvel élan à cette cause, avec un objectif clair :
Réduire progressivement la boiterie d'au moins 10 % d'une année sur l'autre, jusqu'à ce qu'au moins 95 % de tous les troupeaux laitiers britanniques affichent un taux de prévalence de la boiterie inférieur à 5 % d'ici 2044.
Nous pouvons encourager toute entreprise ou organisation à devenir signataire si ce n'est pas déjà le cas Stratégies du manifeste – Santé et bien-être des ruminants
Évolution du risque de boiterie au fil des lactations
Toutefois, après avoir examiné les données issues de 25 troupeaux (provenant du Royaume-Uni, des États-Unis et des pays du CCG, soit environ 50 000 vaches), un aspect de la prévalence est apparu constant. On observait un gradient clair de la prévalence par lactation : dans l'ensemble des données, le risque presque triple entre la première lactation et la quatrième lactation et au-delà.
11 % chez les vaches en première lactation
15 % en deuxième lactation
23 % en troisième lactation
30 % en quatrième lactation et au-delà.
Cette évolution n'a rien de surprenant. Les vaches plus âgées accumulent des troubles métaboliques, des lésions aux sabots, une usure structurelle, etc., mais cela soulève néanmoins une question : si la boiterie varie selon la lactation et que les troupeaux présentent des profils de lactation différents, la prévalence à l'échelle du troupeau constitue-t-elle un critère de comparaison pertinent ?
Le problème lié à l'utilisation de la prévalence au sein de l'ensemble du troupeau comme référence
Pour approfondir cette question, nous avons examiné à quoi ressemblerait la prévalence au sein du troupeau si les facteurs biologiques restaient constants et que seule la structure de la lactation variait. La ligne ci-dessus représente cette prévalence attendue, en appliquant les risques globaux spécifiques à chaque période de lactation (11 %, 15 %, 23 % et 30 %) aux fourchettes de lactation typiques des troupeaux de remplacement commerciaux. À mesure que le taux de renouvellement augmente et que le troupeau rajeunit, la prévalence attendue au sein de l’ensemble du troupeau diminue, comme on pouvait s’y attendre. Dans une fourchette normale de renouvellement comprise entre environ 25 % et 50 %, la différence de prévalence attendue de la boiterie est d’environ cinq points de pourcentage, ce qui reflète davantage le profil de lactation que la gestion. Concrètement, deux troupeaux présentant une santé des sabots et une gestion similaires pourraient afficher une différence de plusieurs points de pourcentage en termes de prévalence à l’échelle du troupeau, simplement parce que l’un d’eux est structurellement plus âgé.
Ce que révèlent les données sur la boiterie ajustées en fonction de la lactation
Comme le montre le graphique ci-dessus, le profil de lactation n'explique qu'une petite partie de la variation entre les exploitations (chaque lettre représente une exploitation). Si le profil de lactation fait varier la prévalence de référence de quelques points de pourcentage, les écarts entre les troupeaux sont bien plus susceptibles de refléter la gestion, les installations, la stratégie de parage, le flux des vaches, la nutrition, la génétique et l’environnement global que le profil de lactation seul. L'ajustement en fonction de la lactation n'éliminera pas les différences, mais il pourrait supprimer une source de bruit structurel, permettant ainsi de mieux identifier les véritables différences de performance.
La prévalence au sein de l'ensemble du troupeau a sans aucun doute contribué à attirer l'attention et à renforcer la responsabilisation, et elle reste un indicateur utile et concret. Mais pourrions-nous l'affiner davantage ?
Ce que pourrait changer une analyse comparative tenant compte de l'allaitement
Une analyse comparative tenant compte de la lactation pourrait permettre une comparaison plus équitable entre des troupeaux présentant des profils d’âge différents et aider à distinguer les effets structurels des performances biologiques réelles. Il convient également de reconnaître que le profil de lactation n’est pas aléatoire ; il est influencé par les décisions de gestion, la génétique, la pression de la tuberculose, les exigences de la chaîne d’approvisionnement et la conception globale du système.
Alors que ces facteurs continuent d'influencer la longévité, la résilience et la stratégie de renouvellement du cheptel, la structure d'âge du troupeau elle-même reflète de plus en plus les décisions en matière d'élevage et les choix stratégiques. Une meilleure compréhension de l'interaction entre le profil de lactation et la prévalence des boiteries pourrait donc s'avérer encore plus pertinente dans les années à venir.
Nial a déjà écrit un article sur la résilience des vaches laitières modernes et leur capacité à vivre aussi longtemps (et en aussi bonne santé) que nous le souhaiterions – vous trouverez cet article à l'adresse suivante : ici.